La chute

d’Albert Camus

Un homme seul, dans un bar d'Amsterdam, fait la confession de sa vie et part à la recherche de son identité. Croyant se connaître, il prend conscience de son impuissance à se connaître vraiment après avoir assisté à un drame muet en tant que témoin mis face à sa propre dualité opposant le corps et l'esprit. Camus nous interroge sur notre indifférence coupable aux problématiques de l'humanité et évoque notre difficulté de vivre dans un monde en quête de valeurs.

Dans un style et une mise en scène dépouillés, ce monologue nous ouvre la porte sur le sens que Camus tente de donner à notre vie, entre l'absurde et la révolte.

Il s’agit d’une adaptation inédite, jouée pour la première fois à Avignon, prenant à partie les spectateurs qui sortent de ce spectacle en se remettant en question sur leur propre condition d’être humain : comment accepter son présent tout en essayant de survivre à nos failles du passé ?

Compagnie du Milieu
Metteur en scène : Pierre Rosat
Interprète : Charles Seydoux

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« Si ce court Roman de Camus ne figure pas parmi les plus connus, il constitue néanmoins un pan essentiel de son œuvre, traitant de manière plus sombre, plus décalée, la problématique existentielle du sens de la vie au travers des postures que l’homme peut prendre pour y répondre.

L’acteur Charles Seydoux, dans une mise en scène de Pierre Rosat, incarnait seul sur la scène, le Jean-Baptiste Clamence du roman. La trame étant constituée par une rupture, une chute, d’un personnage alors brillant avocat parisien, épicurien, mais pas avare de gestes en apparence désintéressés – aider un aveugle à traverser une route, par exemple. Ces gestes de sociabilité et d’altruisme le confortant dans la haute estime qu’il portait à soi-même. Une succession d’événements ébranlera les certitudes bourgeoises du personnage ; rencontrant par hasard une jeune femme sur le point de se noyer dans la Seine, il ne lui apportera – par manque d’implication, lâcheté – aucun secours.

Dès lors, l’avocat brillant se transforme en « juge-pénitent » selon les termes de Camus : comprenez qu’il n’est plus en mesure de défendre de nobles causes, mais qu’il s’agit maintenant de s’auto-juger et de confesser ses manquements et son absence d’engagement. Le lieu choisi pour ce parcours de pénitence est un bar à matelots douteux d’Amsterdam dans lequel notre personnage tient séance, se confesse et interpelle les clients au passage. Au-delà de sa situation personnelle, Camus pose et repose la question du sens de la vie et singulièrement ici de la fragilité des réponses apportées par chacun : Ne sommes-nous pas tous semblables, parlant sans trêve et à personne (…) ? Alors racontez moi, je vous prie, ce qui vous est arrivé un soir sur les quais de la Seine et comment vous avez réussi à ne jamais risquer votre vie.

Beau défi théâtral que de jouer ce roman sur scène. Objectif atteint avec mention particulière à une mise en scène qui ne pouvait que répondre à des exigences de sobriété maximale au vu de la gravité de la thématique et à un acteur excellant à interpréter le glissement de l’avocat au juge-pénitent par un jeu et une gestuelle progressivement dépouillés au fur et à mesure de la désespérance engendrée par la capacité de concevoir un salut, mais l’incapacité de l’homme à se donner les moyens d’y accéder. » L'Orbe

Durée : 1h10 / Salle 2

Du 6 au 29 juillet à 10h00 – Relâche les 11, 18 et 25 juillet

Tarif : 15€ / Abonné : 10€ / Enfant (-16 ans) : 5€

Compagnie du Milieu
Avenue de l'Esplanade 1
1012 Lausanne

Contact diffusion : Charles Seydoux
Portable : +41 79 629 28 27
Courriel : charleseydoux@yahoo.fr

Réservations : 04 86 34 52 24 - 06 14 22 92 38