Littoral

de Wajdi Mouawad

Wilfrid : “Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais pour ma part c’était la première fois que je perdais mon père. On nous renseigne si mal quand on est petit sur ce genre de choses que, lorsque ça nous tombe dessus, on est dans la merde.”

LITTORAL est un parcours initiatique, une invitation au voyage. L’écriture de Mouawad est à la fois poétique, drôle et crue. Elle est comme un grand roman où les vivants, les  morts et les rêves ont leur mot à dire, leur histoire à raconter. Il est question de famille, de mémoire, de rencontres, de guerre, d’amour et du passé que l’on traine avec soi  comme une ombre.

Compagnie Esbaudie
Interprètes : Maxime Berdougo, Geoffrey Couët, Fabrice Delorme, Anne-Laure Denoyel, Stéphanie Dussine, Olivier Hamel, Thibaud Lemoine, Sébastien Ventura
Interprètes  vidéos : Justine Assaf, Antoine Hirel et Hugo Rabussier
Mise en scène : Stéphanie Dussine
Scénographie : Lucas Thébault
Vidéos : Yoann Galiotto et Loïc Hermelin
Musique : Spleen en cavale
Costumes : Esther Dubus et Catherine Tousverts
Communication : Léa Tuil

Création : Centre de résidence La Mue - Centre d’animations Les Halles Le Marais
Soutiens : Spedidam – Mairie de Paris – Fonds de soutien AF&C

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Spectacle retenu par le jury du Club de la presse du Grand Avignon Vaucluse, composé de professionnels de la presse et de la communication (Sélection de dix pièces « coups de cœur » parmi 300 créations du Festival OFF d’Avignon 2017)

« A mi-chemin entre théâtre et cinéma, Littoral nous fait voyager dans le temps et dans l’espace. Elle fait parler les morts, les vivants et l’imagination. Servie par une très belle distribution, cette pièce est un condensé de poésie et d’humanité.
Un récit initiatique captivant. La pièce s’ouvre sur un monologue à couper le souffle du personnage principal qui vient de perdre son père et veut partir l’enterrer dans son pays natal. On le suit donc dans ce voyage subtilement surréaliste, aux côtés d’un chevalier tout droit sorti de son imagination, et du cadavre – plus vivant que jamais !- de son père. Un périple parsemé de rencontres, d’histoires qui entrent en résonance les unes avec les autres.
Un moment fort en émotions. Le texte de Littoral est bouleversant. Et la mise en scène, très visuelle, utilise aussi bien l’espace de la scène que les projections vidéo. Les 8 comédiens interprètent avec talent 27 personnages réunis autour des thèmes de la guerre, l’exil, la mort, notre rapport au passé, et surtout la place du père. On a la larme à l’œil plus d’une fois, jusqu’à la scène finale qui nous étreint avec force. »
L’INFO TOUT COURT

« Le texte intense de WajdiMouawad issu de sa quadrilogie (dont le fameux INCENDIES porté au cinéma par Denis Villeneuve) est servi par une mise en scène qui a su révéler toutes les facettes drôles et graves de ce voyage initiatique. Un plongeon les yeux grand ouverts dans un monde où le réel se mêle aux rêves. Une invitation à devenir le complice rieur, inquiet et ému d'un jeune homme qui cherche un lieu pour enterrer son père et garder sa mémoire dans ces "pays de déserts et de soleils", où il n'y a "ni pierre ni statue pour graver les noms des morts". "La mort n'est pas une mince chose, la vie non plus". Voilà une très belle réussite pour une pure création jouée pour ses toutes premières fois à Avignon cette année. Très prometteur. Attention talents ! »
PIANOPANIER.COM

« Sourires, chair de poule, larmes aux yeux, j’ai éprouvé tout ça. Cette pièce interprétée par huit comédiens complices qui portent avec fougue la « folie indicible », souligne la force du verbe de WajdiMouawad, entre tragique et humour, profondeur et légèreté, poésie et crudité, théâtre et cinéma. La mise en scène inventive de Stéphanie Dussine (qui joue aussi Joséphine), avec peu de moyens mais beaucoup de fantaisie et une utilisation pertinente de la vidéo, permet à ceux qui auraient du mal avec l’imaginaire de plonger quand même. Il est question de guerre, mais si à l’abri qu’on soit de ces horreurs, chacun peut se sentir touché. Car c’est de cœur et d’humanité que parle la pièce, de la place du rêve, du père. Elle dit la colère, l’amour, la mort, la mer, la mère, le sang, le sens, l’espoir… Vite, réservez ! »
CLUB DE LA PRESSE - Anne Camboulives

« La metteuse en scène, Stéphanie Dussine, s’empare de ce texte avec brio et s’entoure de comédiens de talent pour en faire un véritable bijou théâtral.Du burlesque au surréalisme il n’y a qu’un pas. (…) Sur le plateau, les huit comédiens incarnent l’ensemble des vingt-sept personnages de Littoral. Les costumes rendent la narration plus claire, participent à créer un univers imaginaire et à marquer le côté surréaliste de la pièce. Surréalisme foisonnant qui plus est : chevalier en tenue d’époque tout droit sorti de l’esprit de Wilfrid, un cadavre qui se réveille pour mieux expliquer son parcours de vie chaotique… Autant d’éléments qui ne paraissent pas le moins du monde incongrus dans un tel contexte burlesque. Le glissement du burlesque vers une esthétique plus onirique se fait par l’intermédiaire de la figure du père, jamais cadavre ne nous a semblé si vivant et réjouissant ! Ange gardien et projection d’un père peu connu, il accompagne le processus de deuil et incarne la mémoire. L’utilisation de la vidéo est tout à fait pertinente pour la transition vers cette seconde partie plus onirique et symbolique. Elle illustre les lieux du voyage, les chemins quasi dissimulés dans une nature omniprésente, l’effet sur scène est saisissant de poésie. La vidéo enrichit et contrebalance la simplicité du décor fait de longues bandes de tissu plastifiées suspendues. Le décor seul convoque l’imaginaire du spectateur. L’articulation entre vidéo et théâtre crée une belle harmonie notamment lors de la scène finale, alors que le père de Wilfrid prononce son dernier monologue face public et que la lumière décline pendant qu’en fond de scène la vidéo projette l’image du littoral qui s’éloigne semblant nous abîmer dans l’océan. Symbiose parfaite de ces deux effets qui créent une émotion intense et laissent planer la beauté des mots et de l’image. Ce que l’on fait de la mémoire.
Lors de ce voyage surréaliste, Wilfrid rencontre les enfants de la guerre. Il traverse un pays rongé par la violence, non identifiable, universel en quelque sorte. Les autres personnes qu’il rencontre sont emplies de rage, de défiance, de folie, d’amertume, de mort et de vie à la fois. Il y a cette jeune femme qui transporte tous ses annuaires qui répertorient les noms des gens pour ne pas qu’ils tombent dans l’oubli. La mémoire est l’un des thèmes principaux de Littoral. Comment devenir soi-même, dans quel terreau s’enracine-t-on… Le passé, seul lieu refuge, lieu des blessures aussi, dans ce voyage ils subliment ce passé qu’ils trainent avec ses fêlures pour en faire un point de réconciliation. La mémoire et le chemin jusqu’au littoral comme un pèlerinage avec ses rites purificatoires qui permettent de passer les étapes. Elle est ce qui réunit. Littoral est une quête identitaire, de l’ordre de celles qui font grandir. Le choc initial laisse place à l’impulsivité. La rencontre avec l'autre permet de sublimer la douleur.
La puissance du texte alliée à la performance des comédiens dans une esthétique remarquable font de Littoral une petite perle du Festival Off 2017, à ne surtout pas manquer ! »
L'ENVOLEE CULTURELLE

« C’est une pièce de pères et d’orphelins, d’exil et de retour aux racines. Wilfrid est insouciant, la vie est simple et belle et voilà qu’en plein orgasme le téléphone sonne. Il apprend que son père est mort. Sa vie bascule, il décide de ramener ce cadavre au pays d’où la guerre l’avait exilé. Ce voyage initiatique accompagné d’un chevalier de la table ronde échappé d’un rêve d’enfance et d’un cadavre pas si mort que ça, sera l’occasion de rencontrer d’autres orphelins, victimes de la guerre, qu’ils soient suppliciés ou bourreaux. Et puis il y a les femmes qui disent non, qui disent que la mémoire doit vivre. Cette troupe d’orphelins parvenus sur le littoral, pourra laisser partir les cadavres des pères et les chimères de l’enfance pour vivre enfin sa vie. Mais une vie qui ne sera pas hors sol, une vie ancrée dans leur douloureuse histoire familiale. Cette très belle pièce est défendue avec ardeur et vivacité par huit comédiens de talent. Cette tragédie intemporelle de la guerre et de l’exil ne peut que nous rappeler que tous les jours des frères de ces pères et de ces orphelins s’échouent sur les côtes de l’Europe. »
LA PROVENCE

« WajdiMouawad raconte souvent la même histoire mais il la raconte bien. La trame de Littoral serait longue à écrire et cela serait perte de temps pour une pièce déjà quasiment rentrée au répertoire. Écrite il y a près de vingt ans, elle a aujourd’hui, avec l’évolution des effrois du monde, atteint sa majorité. Et l’on saisit soudain sans aucun filtre, dans la délicate mise en scène de Stéphanie Dussine, l’étendue et la force que cette pièce porte, clame et montre. Car elle puise à part égale dans l’intime, l’actuel éphémère et dans l’antique, l’éternel. Fictions et réalités se télescopent sur scène. Intime et universalité tentent d’écrire un nouveau monde. Et l’on s’embarque sans aucun temps mort dans l’histoire de Wilfrid qui se donne soudain la mission de rendre à son père quasi inconnu, les honneurs d’une digne sépulture. Aucun temps mort car le spectacle est une succession d’instantanés, de scènes vives, une épopée moderne entre le nouveau et l’ancien monde, entre générations, entre cavalcades par-dessus les océans pour trouver finalement une humanité capable à la fois de rire, de regarder la peur en face et d’aller créer une nouvelle façon d’être libre et d’être enraciné ailleurs. Un nouveau monde. Un nouvel idéal. Soudain ce sont les nuits debout qui viennent à l’esprit.Le génial, le savoureux, la poétique de ce spectacle est qu’il est construit sur une véritable floraison de personnalités, d’énergies et de caractères qui nous semblent proches. Ce kaléidoscope de personnages de rêves, de personnages de l’au-delà, de personnages fantasmés, de personnages clonés sur des mythes et de personnages du quotidien réussit à faire chanter sur le plateau un texte qui nous emporte, nous touche, nous émeut et nous fait sentir citoyens.
C’est une gerbe d’intelligence et de sensible avec une simplicité dans le jeu et dans les enjeux qui donne encore plus de valeur au spectacle.Moderne, compréhensible immédiatement, visuelle, la mise en scène de Stéphanie Dussine utilise les projections vidéo pour évoquer ce voyage autant spirituel que géographique. L’onirique devient alors réalité au plateau. Les dimensions de celui-ci s’élargissent au fur et à mesure que l’horizon du héros grandit. Le dialogue existe aussi avec l’inerte, avec le rêve, avec le passé. Car tout l’art mis en œuvre ici est de projeter le spectateur dans l’esprit tourbillonnant et imaginatif de Wilfrid, et de partager ainsi sa quête de réalité, et son passage à l’état d’homme et à l’état d’espoir.Maintenant, toujours trop tard, parlons des interprètes de ces multiples rôles. Parlons de l’osmose qui existe entre ces interprètes. Et des différences dans chacun de leurs caractères, de leurs corps qui enrichissent encore le foisonnement humain que cette pièce porte. Un véritable travail, humble, riche, fort se lit dans chaque scène interprétée. Un investissement généreux qui transpire dans toute la pièce. Et c’est aussi cette intégrité dans le jeu de toute cette belle distribution qui rend tout à coup crédible même les folies de l’histoire et apporte l’émotion et l’attente.
C’est nourri, et légèrement heureux que l’on ressort de ce spectacle à la fois exigeant et accessible.
Vous passez à Avignon, quel que soit votre âge, allez le voir. »
LA REVUE DU SPECTACLE

« Une pièce, une œuvre, bouleversante. Et voilà qu'un jour, ou plutôt une nuit la vie bascule. En pleine insouciance Wilfrid reçoit à 3 heures du matin Le coup de téléphone que tout le monde redoute. Celui qui vous apprend le décès du père et dont on sait qu'une fois le combiné raccroché rien ne sera plus jamais pareil. Une fois passé le déni, il est confronté à la réalité, et doit trouver un endroit pour qu'il repose en paix, hors son père il ne l'a pas connu et le caveau de famille lui est interdit. Le voilà donc parti en terre inconnue, avec pour compagnon un chevalier, rêve ou fantôme de son enfance qu'il ne veut pas quitter, et son père mort, qui pour autant n'en ont pas moins leur mots à dire. Il est l'heure de faire des choix, retourné où tout a commencé, et à cette croisée des chemins il rencontrera des destins brisés, des enfants à la recherche de leur identité, de leur père, de la mémoire ... Des enfants brisés par la guerre et qui veulent raconter leurs histoires. Pour ne pas oublier ceux qui ne sont plus là et pouvoir peut-être continuer de vivre. Il paraît qu'il faut donner à chaque enfant des racines et des ailes, cette pièce est le chaînon manquant entre les deux. Magnifiquement interprété et mis en scène, on n'en ressort pas indemne et personnellement j'ai mis du temps à la digérer et retrouver la réalité. Une œuvre et un travail remarquable qui sera un de mes souvenirs les plus forts de cet Avignon 2017. »
PASSION THEATRE

Contemporain

Durée : 1h30 / Salle 1

Du 10 au 30 juillet à 14h50

Tarif : 15€ / Abonné : 10,50€

Compagnie Esbaudie
83 boulevard Arago
75014 Paris
Licence 2-1069697

Contact diffusion : Léa Tuil

Portable : 06 11 55 14 65
Courriel : diffusion.esbaudie@hotmail.fr

www.compagnie-esbaudie.fr

cie.esbaudie@hotmail.fr

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Réservations : 04 86 34 52 24 - 06 14 22 92 38