Littoral

de Wajdi Mouawad

Wilfrid : “Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais pour ma part c’était la première fois que je perdais mon père. On nous renseigne si mal quand on est petit sur ce genre de choses que, lorsque ça nous tombe dessus, on est dans la merde.”

LITTORAL est un parcours initiatique, une invitation au voyage. L’écriture de Mouawad est à la fois poétique, drôle et crue. Elle est comme un grand roman où les vivants, les  morts et les rêves ont leur mot à dire, leur histoire à raconter. Il est question de famille, de mémoire, de rencontres, de guerre, d’amour et du passé que l’on traine avec soi  comme une ombre.

Compagnie Esbaudie
Interprètes : Maxime Berdougo, Geoffrey Couët, Fabrice Delorme, Anne-Laure Denoyel, Stéphanie Dussine, Olivier Hamel, Thibaud Lemoine, Sébastien Ventura
Interprètes  vidéos : Justine Assaf, Antoine Hirel et Hugo Rabussier
Mise en scène : Stéphanie Dussine
Scénographie : Lucas Thébault
Vidéos : Yoann Galiotto et Loïc Hermelin
Musique : Spleen en cavale
Costumes : Esther Dubus et Catherine Tousverts
Communication : Léa Tuil

Création : Centre de résidence La Mue - Centre d’animations Les Halles Le Marais
Soutiens : Spedidam – Mairie de Paris – Fonds de soutien AF&C

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« Spectacle retenu par le jury du Club de la presse du Grand Avignon Vaucluse, composé de professionnels de la presse et de la communication (Sélection de dix pièces « coups de cœur » parmi 300 créations du Festival OFF d’Avignon 2017). »  24 juillet 2017

« Le texte intense de Wajdi Mouawad issu de sa quadrilogie (dont le fameux INCENDIES porté au cinéma par Denis Villeneuve) est servi par une mise en scène qui a su révéler toutes les facettes drôles et graves de ce voyage initiatique. Un plongeon les yeux grand ouverts dans un monde où le réel se mêle aux rêves. Une invitation à devenir le complice rieur, inquiet et ému d'un jeune homme qui cherche un lieu pour enterrer son père et garder sa mémoire dans ces "pays de déserts et de soleils", où il n'y a "ni pierre ni statue pour graver les noms des morts". "La mort n'est pas une mince chose, la vie non plus". Voilà une très belle réussite pour une pure création jouée pour ses toutes premières fois à Avignon cette année. Très prometteur. Attention talents ! » Pianopanier.com - 23 juillet 2017

« Sourires, chair de poule, larmes aux yeux, j’ai éprouvé tout ça. Cette pièce interprétée par huit comédiens complices qui portent avec fougue la « folie indicible », souligne la force du verbe de Wajdi Mouawad, entre tragique et humour, profondeur et légèreté, poésie et crudité, théâtre et cinéma. La mise en scène inventive de Stéphanie Dussine (qui joue aussi Joséphine), avec peu de moyens mais beaucoup de fantaisie et une utilisation pertinente de la vidéo, permet à ceux qui auraient du mal avec l’imaginaire de plonger quand même. Il est question de guerre, mais si à l’abri qu’on soit de ces horreurs, chacun peut se sentir touché. Car c’est de cœur et d’humanité que parle la pièce, de la place du rêve, du père. Elle dit la colère, l’amour, la mort, la mer, la mère, le sang, le sens, l’espoir… Vite, réservez ! »  France Bleu - 21 juillet 2017

« La metteuse en scène, Stéphanie Dussine, s’empare de ce texte avec brio et s’entoure de comédiens de talent pour en faire un véritable bijou théâtral.

Du burlesque au surréalisme il n’y a qu’un pas. Wilfrid apprend par téléphone lors de sa nuit de sexe la plus folle la mort de son père. Sa famille refusant de l’enterrer auprès de sa mère, il décide de lui offrir une sépulture sur sa terre natale. Il part donc, le cadavre sur le dos, dans un pays qui sort tout juste de la guerre. Il rencontre sur le chemin d’autres orphelins avec lesquels il poursuit sa quête d’un lieu où il pourra enterrer son père. Dans une langue singulière et puissante, Wajdi Mouawad joue des décalages et crée à même les mots une émotion profonde. Stéphanie Dussine prend le parti de scinder la pièce en deux. Le quatrième mur tombe régulièrement lorsque les scènes sont distanciées par les effets de la technique à vue et l’intrusion d’une équipe de tournage de cinéma s’occupant de la direction des acteurs. Le décalage créé entre le sujet tragique des scènes et la situation génère légèreté et humour. Stéphanie Dussine joue complètement la carte de l’accentuation et du burlesque dans le traitement de cette première partie. Sur le plateau, les huit comédiens incarnent l’ensemble des vingt-sept personnages de Littoral. Les costumes rendent la narration plus claire, participent à créer un univers imaginaire et à marquer le côté surréaliste de la pièce. Surréalisme foisonnant qui plus est : chevalier en tenue d’époque tout droit sorti de l’esprit de Wilfrid, un cadavre qui se réveille pour mieux expliquer son parcours de vie chaotique… Autant d’éléments qui ne paraissent pas le moins du monde incongrus dans un tel contexte burlesque. Le glissement du burlesque vers une esthétique plus onirique se fait par l’intermédiaire de la figure du père, jamais cadavre ne nous a semblé si vivant et réjouissant ! Ange gardien et projection d’un père peu connu, il accompagne le processus de deuil et incarne la mémoire. L’utilisation de la vidéo est tout à fait pertinente pour la transition vers cette seconde partie plus onirique et symbolique. Elle illustre les lieux du voyage, les chemins quasi dissimulés dans une nature omniprésente, l’effet sur scène est saisissant de poésie. La vidéo enrichit et contrebalance la simplicité du décor fait de longues bandes de tissu plastifiées suspendues. Le décor seul convoque l’imaginaire du spectateur. L’articulation entre vidéo et théâtre crée une belle harmonie notamment lors de la scène finale, alors que le père de Wilfrid prononce son dernier monologue face public et que la lumière décline pendant qu’en fond de scène la vidéo projette l’image du littoral qui s’éloigne semblant nous abîmer dans l’océan. Symbiose parfaite de ces deux effets qui créent une émotion intense et laissent planer la beauté des mots et de l’image. Ce que l’on fait de la mémoire.

Lors de ce voyage surréaliste, Wilfrid rencontre les enfants de la guerre. Il traverse un pays rongé par la violence, non identifiable, universel en quelque sorte. Les autres personnes qu’il rencontre sont emplies de rage, de défiance, de folie, d’amertume, de mort et de vie à la fois. Il y a cette jeune femme qui transporte tous ses annuaires qui répertorient les noms des gens pour ne pas qu’ils tombent dans l’oubli. La mémoire est l’un des thèmes principaux de Littoral. Comment devenir soi-même, dans quel terreau s’enracine-t-on… Le passé, seul lieu refuge, lieu des blessures aussi, dans ce voyage ils subliment ce passé qu’ils trainent avec ses fêlures pour en faire un point de réconciliation. La mémoire et le chemin jusqu’au littoral comme un pèlerinage avec ses rites purificatoires qui permettent de passer les étapes. Elle est ce qui réunit. Littoral est une quête identitaire, de l’ordre de celles qui font grandir. Le choc initial laisse place à l’impulsivité. La rencontre avec l’autre permet de sublimer la douleur.

La puissance du texte alliée à la performance des comédiens dans une esthétique remarquable font de Littoral une petite perle du Festival Off 2017, à ne surtout pas manquer ! »  L'envolée culturelle - 20 juillet 2017

« C’est une pièce de pères et d’orphelins, d’exil et de retour aux racines. Wilfrid est insouciant, la vie est simple et belle et voilà qu’en plein orgasme le téléphone sonne. Il apprend que son père est mort. Sa vie bascule, il décide de ramener ce cadavre au pays d’où la guerre l’avait exilé. Ce voyage initiatique accompagné d’un chevalier de la table ronde échappé d’un rêve d’enfance et d’un cadavre pas si mort que ça, sera l’occasion de rencontrer d’autres orphelins, victimes de la guerre, qu’ils soient suppliciés ou bourreaux. Et puis il y a les femmes qui disent non, qui disent que la mémoire doit vivre. Cette troupe d’orphelins parvenus sur le littoral, pourra laisser partir les cadavres des pères et les chimères de l’enfance pour vivre enfin sa vie. Mais une vie qui ne sera pas hors sol, une vie ancrée dans leur douloureuse histoire familiale. Cette très belle pièce est défendue avec ardeur et vivacité par huit comédiens de talent. Cette tragédie intemporelle de la guerre et de l’exil ne peut que nous rappeler que tous les jours des frères de ces pères et de ces orphelins s’échouent sur les côtes de l’Europe. » La Provence - 7 juillet 2017

« Lumineux et qui éclaire sur les béances creusées au ventre de la jeunesse d’aujourd’hui. Elle, la jeunesse, convulsivement happée par l’esprit de profit, de profiter et de faire proliférer ses désirs, ses possessions matérielles et ses pouvoirs, bonheur exclusif tant vanté par le libéralisme mondial, une jeunesse qui se retrouve soudain en manque de spiritualité, de transmission, de socle.
WajdiMouawad raconte souvent la même histoire mais il la raconte bien.
La trame de "Littoral" serait longue à écrire et cela serait perte de temps pour une pièce déjà quasiment rentrée au répertoire. Écrite il y a près de vingt ans, elle a aujourd’hui, avec l’évolution des effrois du monde, atteint sa majorité. Et l’on saisit soudain sans aucun filtre, dans la délicate mise en scène de Stéphanie Dussine, l’étendue et la force que cette pièce porte, clame et montre. Car elle puise à part égale dans l’intime, l’actuel éphémère et dans l’antique, l’éternel. » La revue du spectacle [voir l’article complet]

Contemporain

Durée : 1h30 / Salle 1

Du 7 au 30 juillet à 14h50 - Relâche le 19 juillet

Tarif : 15€ / Abonné : 10,50€

Compagnie Esbaudie
83 boulevard Arago
75014 Paris
Licence 2-1069697

Contact diffusion : Léa Tuil

Portable : 06 11 55 14 65
Courriel : diffusion.esbaudie@hotmail.fr

www.compagnie-esbaudie.fr

cie.esbaudie@hotmail.fr

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Réservations : 04 86 34 52 24 - 06 14 22 92 38